Chroniques sur la relève agricole

La MRC de Portneuf est fière de sa relève agricole. Sur cette page, nous publierons des textes sur des entreprises de la relève. 

Commencer en « œuf »

Johanne Martin
Collaboration spéciale

À la Ferme Jucy de Saint-Alban, dans une partie des installations qui abritaient auparavant des vaches laitières, les poules pondeuses de Laurence Petitclerc caquettent joyeusement. Aux commandes de Poulailler Portn’Oeuf depuis février 2018, la jeune diplômée en gestion et technologies d’entreprise agricole voit grand.    

La poursuite des activités par une relève intéressée n’avait rien d’une certitude pour les parents de Laurence. D’autant que la productrice d’œufs, l’aînée d’une famille de quatre enfants, s’était d’abord inscrite en éducation spécialisée. Mais celle-ci changera d’idée en cours de formation, puis sera choisie pour bénéficier du Programme d’aide au démarrage de producteurs d’œufs dédiés à la vente directe. Une nouvelle aventure allait commencer.

« Le formulaire du Programme lancé par la Fédération des producteurs d’œufs du Québec ressemblait au plan d’affaires que j’ai eu à réaliser comme projet de fin d’études. J’ai donc fait d’une pierre deux coups et j’ai été l’une des cinq personnes sélectionnées, la seule dans la région de Portneuf. Mon père a travaillé à aménager le poulailler dans l’ancienne étable et la Ferme me loue une partie des bâtiments », raconte l’entrepreneure de 23 ans.

Grandir et foncer
Étape par étape, comme elle le dit si bien elle-même, Laurence accroît sa production. De 500 poules en liberté au départ, elle en possède aujourd’hui 560 et prévoit passer à 860 en mars prochain. Depuis le mois de mai, 80 cailles ont également fait leur apparition dans les espaces occupés par Poulailler Portn’Oeuf. Ce printemps, dans une construction en retrait, 300 poulets de chair nourris au grain viendront aussi enrichir l’offre de l’entreprise.

 « Pour l’instant, je vends en libre-service à la ferme, dans des marchés publics et j’ai des points de dépôt sur le territoire, précise la jeune femme. Je suis en train de m’organiser pour acquérir une machine qui me permettra d’étamper un code sur les œufs, de les laver et de les classer. Il y aura une nouvelle salle dans l’étable avec des murs lavables. Ceci fera en sorte que j’aurai bientôt la possibilité d’être présente dans les petits commerces. »   

Si elle doit encore composer avec une demande très variable, Laurence Petitclerc soutient par ailleurs que les règles auxquelles il lui faut se conformer sont souvent contraignantes puisqu’elles ne sont pas adaptées aux petites productions. Cette digne représentante de la relève agricole ne baisse toutefois pas les bras et continue de foncer. « Ça va bien parce que tout le monde m’aide et y croit : la famille, les amis, les clients… », conclut-elle.

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Des sciences sociales… aux paniers de légumes!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Fondée sur la solidarité, le respect de l’environnement et le plaisir de retrouver dans son assiette des aliments sains, la ferme Les Jardins de la Chevrotière s’est donné pour mission de « nourrir les gens d’ici ». Une famille qui peut vivre tout en étant au service d’autres familles : voilà le projet de Geneviève Mayrand et Jérôme Thivierge.

Ils ont vécu un moment en ville et complété des études universitaires en sciences sociales avant d’effectuer un retour à la campagne et de choisir l’agriculture. Elle possède des racines dans Portneuf et lui est originaire de la Beauce. En 2015, ils ont quitté Québec pour créer, à Deschambault-Grondines, une entreprise qui répondait à leurs aspirations. La santé des individus et de la planète a toujours figuré au centre de leurs préoccupations.

« Les Jardins de la Chevrotière, c’était la façon la plus concrète pour nous d’allier idéaux et actions, confirme Geneviève. La graine a germé au Mexique en 2008. Jérôme et moi y avons travaillé avec des paysans qui cultivaient bio. Nous voulions avoir un réel impact sur l’environnement et nous étions déjà engagés socialement. Quand notre premier enfant est né, les choses sont devenues encore plus claires en ce qui concerne notre projet de vie. »

S’établir et croître
Le père de Geneviève ayant conservé la terre familiale – une terre qui avait été exploitée, mais que le couple a convertie en régie biologique –, le lieu était tout désigné pour s’établir. Afin d’être bien outillé pour relever les défis liés à ce changement de cap, Jérôme s’est inscrit au diplôme en gestion et exploitation d’entreprise agricole (GEEA). Dès le départ, les entrepreneurs optent pour le modèle d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). 

« L’idée d’une relation de confiance entre l'agriculteur et sa communauté fait partie de notre approche, intervient Jérôme. À notre première année de production, en 2016, 60 familles ont adhéré à nos paniers; l’an dernier, nous en comptions 220 et cette année, nous prévoyons en approvisionner 300. Au total, nous cultivons 45 variétés de légumes, en plus de cerises de terre et de melons. Chaque printemps, nous avons aussi des clients pour des plants bio. »

Gérer la croissance de l’entreprise reste à ce jour le principal enjeu pour le duo. Il lui faut maintenir un équilibre entre les affaires et la famille. Malgré tout, Jérôme trouve le temps de s’impliquer dans l’UPA et Geneviève propose des ateliers d’éveil alimentaire en milieu scolaire. Pour les abonnés aux paniers, elle rédige également un bulletin hebdomadaire, le Mot de la faim, dans lequel sont partagés recettes, poèmes, chroniques humoristiques...        

Pour plus d’information au sujet de la ferme Les Jardins de la Chevrotière : www.jardinsdelachevrotiere.com

 

Du bio et du boulot pour la Ferme Mafix

Johanne Martin
Collaboration spéciale

François-Xavier Masson était à la recherche d’une production qui lui permettrait de devenir son propre patron. Travailleur d’expérience dans des fermes biologiques, mais aussi – et surtout – employé de longue date du propriétaire de la Fromagerie des Grondines, il a su tracer son chemin pour que la Ferme Mafix puisse voir le jour.

« Vu que j’étais jeune, je me suis dit que je pourrais lancer quelque chose, une entreprise qui m’appartienne et qui soit fonctionnelle. Au décès de ma tante, j’ai acheté sa terre et sa maison dans le deuxième rang, à Grondines. En 2007, j’ai construit une étable et j’ai commencé à produire l’année suivante. Aujourd’hui, je possède 80 brebis et 60 chèvres. Tout le lait biologique est vendu à la Fromagerie des Grondines », raconte François-Xavier.

Tôt dans sa vie, le jeune producteur confie avoir élevé des animaux et cultivé des légumes. Il s’inscrit au DEP en production laitière et son parcours professionnel l’amène à travailler dans des exploitations certifiées bio. Employé pendant sept ans chez Aliksir – où il réalise des tâches associées à la culture et à la distillation d’huiles essentielles –, François-Xavier « donne aussi un coup de main à Charles Trottier de la Fromagerie » depuis qu’il a 15 ans. 

Si la relation a perduré dans le temps entre les deux hommes et inclut maintenant un lien d’affaires, la Ferme Mafix n’est cependant pas qu’un fournisseur de lait pour la fromagerie. Sa viande d’agneau y est en outre proposée. Le producteur permet ainsi au consommateur de mettre dans son assiette ce délicieux produit. La viande est également disponible au Magasin général Paré, au Marché public de Deschambault et offerte en carcasse à la ferme.

Plus encore…
« J’ai toujours beaucoup aimé les sucres ! », lance avec enthousiasme François-Xavier. À 18 ans, il décide d’acquérir une cabane à sucre de 700 entailles à Saint-Casimir. Au lait et à la viande d’agneau s’ajoutent donc sirop, tire, beurre et sucre d’érable. Il y a cinq ans, la culture de la camerise vient enrichir l’offre de la Ferme Mafix. Vente du fruit entier congelé, en confiture et autocueillette en saison découlent des quelque 2 000 plants mis en culture.

« J’écoule de plus mes camerises auprès de la microbrasserie L’Esprit de Clocher, qui s’en sert dans la fabrication d’une bière. Autrement, j’expérimente la culture du raisin de table sans pépin avec mon fils de neuf ans, complète le producteur. Précisons que je suis l’une des seules fermes au Québec à avoir deux types d’animaux dans la même étable et qu’il y a aussi peu d’experts-conseils dans la production de lait de brebis bio. Il faut être inventif ! » 

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Le couteau suisse de l’apiculture!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Les actionnaires disent de leur entreprise qu’elle est le couteau suisse de l’apiculture. On y valorise tout ce qui est issu de la ruche. En 2015, Maxime Deschesnes, Éloi Ferland et Kawina Robichaud lançaient la Ferme apicole Mosaïque. Deux ans plus tard, la cofondatrice de Nomade Junerie, Mélanie Pilote, intègre l’heureuse aventure.

« Ici, tout gravite autour du miel!, confirme cette dernière. Notre mission consiste à mettre en valeur le miel sous toutes ses formes afin d’améliorer la santé des gens et de répondre à leur quête de bien-être. Nous sommes des jeunes engagés, très attachés aux valeurs d’écoresponsabilité. Dans le choix de nos matières premières, nous priorisons l’achat local et favorisons la collaboration avec des entreprises qui ont la même philosophie que nous. »

Si les ruches sont situées à Saint-Alban et que la miellerie est localisée à Saint-Thuribe, la boutique de la ferme apicole – La Ruche voisine – loge dans l’ancien presbytère de Saint-Casimir. On y trouve un miel brut enrichi d’huiles essentielles – le fameux Immunité 25+ –, des miels gastronomiques, du pollen, des déodorants, des bougies, de la cire et du jun, un breuvage fermenté à base de thé vert et miel brut aussi appelé le champagne du kombucha.

« La Ferme apicole Mosaïque et Nomade Junerie se sont unies parce qu’il s’agissait de la suite naturelle des choses et que les deux entreprises se complétaient. Tout comme nous, d’ailleurs, les quatre associés. Maxime est directeur du marketing, Éloi est directeur de la production et Kawina s’occupe du volet recherche et développement. J’assume quant à moi le développement des affaires et la direction générale », révèle au passage Mélanie Pilote.

Plusieurs points de vente… et de nouveaux produits
En plus d’être disponibles dans le nouvel espace zen et épuré du presbytère, « un arrêt de produits du terroir signé Portneuf, Culture de saveurs », tous les trésors provenant du labeur des abeilles sont également offerts dans plus de 200 points de vente partout au Québec. En été, les entreprises, qui emploient huit personnes, sont aussi présentes au Marché public de Deschambault. Pour le quatuor, avancer veut dire continuer d’innover et de se diversifier.

« La Ferme apicole Mosaïque et Nomade Junerie souhaitent évidemment poursuivre sur la voie de l’audace et de la création, termine la directrice générale. Nous allons très bientôt mettre en marché une gamme d’aliments fermentés : tempeh, choucroute, kimchi et autres produits réfrigérés en pots. Cet été, nous lancerons en outre des savons, shampoings et revitalisants en barre à base de miel, propolis et jun. Le désir de se distinguer reste vivant! »

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Anne-Sophie et compagnie

Johanne Martin
Collaboration spéciale

« À 22 ans, c’est le temps de faire des projets! », exprime spontanément Anne-Sophie Paquet. Relève de la Ferme Syldia, fondée par ses parents, mais aussi entrepreneure en démarrage pour Deux sœurs et cie, la productrice neuvilloise carbure aux défis. « Nous voulons qu’à la boutique, les gens puissent faire presque toute leur épicerie. »

Cette fameuse boutique, c’est la dernière-née qui permet aux deux entreprises de vendre sur place les délices de la ferme : découpes de bœuf, de porc, de chevreau, œufs, poulets de grain, produits de l’érable, légumes, terrines, rillettes et pâtés de foie. Des mets préparés y seront éventuellement aussi offerts. « Sur la route 365, nous profitons d’un emplacement qui nous donne une belle visibilité et en plus, la demande est là », commente Anne-Sophie.

La nouvelle construction était « dans les plans, mais pour plus tard ». Les marchés publics et de Noël – Pont-Rouge, Stoneham, Limoilou, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Cap-Santé, Neuville –, de même que certains événements tels que les Fêtes Gourmandes, ont suscité chez le public un réel engouement pour les trésors combinés de la Ferme Syldia et de Deux sœurs et cie, qu’Anne-Sophie a mise sur pied avec sa jumelle Catherine, en 2018.

« C’est notre troisième année de vente directe et il y a beaucoup de clients qui souhaitaient nous suivre à l’année », justifie la diplômée en gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Lévis-Lauzon. « Ça fait d’ailleurs partie de notre philosophie de garder le contact avec le consommateur. Dans la boutique, nous misons sur une offre locale; la nôtre d’abord, puis celle d’autres producteurs. On vise une plus-value, que ce soit différent de l’épicerie. »

Rien ne l’arrête!
Si Anne-Sophie peut à la fois compter sur la confiance de ses parents et de partenaires financiers pour réaliser ses projets – après la boutique, elle aimerait agrandir les installations pour augmenter le nombre d’animaux et avoir une cuisine de transformation –, le processus de transfert de la Ferme Syldia commence aussi à se profiler à l’horizon. Et puisque rien ne semble être à son épreuve, elle brille également par ses engagements dans la communauté.

« Je suis nouvellement présidente du Marché public de Pont-Rouge, administratrice de la Table de concertation agroalimentaire de Portneuf et il m’est arrivé d’être invitée au cégep où j’ai étudié pour parler de relève, de démarrage d’entreprise et des femmes en agriculture, car je vis en fait toutes ces réalités », conclut celle qui s’est illustrée à l’occasion de concours très prestigieux, dont OSEntreprendre, Sur les traces de Louis-Hébert et Chapeau, les filles!

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Un retour à la terre pour vivre autrement

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Francis Lemire, Marilou Gagnon-Thibault et les parents de celle-ci, Yolande Gagnon et Gérald Thibault, ont un jour décidé de vivre différemment. La grande aventure de l’Écoferme des générations s’enracine dans leur volonté de s’arrimer aux valeurs qui leur sont chères, de mettre en commun les forces de chacun par un retour à la terre.

« Il nous a fallu visiter plus d’une quarantaine de fermes avant de trouver le bon endroit, ici, à Portneuf, il y a six ans. L’acquisition s’est faite à quatre, car pour être réalisable, le projet devait s’effectuer dans un contexte bigénérationnel. Il rejoint nos valeurs environnementales et familiales, de même que notre désir d’autonomie, mais au départ, nous avons dû agrandir et rénover la maison et les bâtiments. Il y avait beaucoup de travail à faire », raconte Francis.

Depuis 2018, l’Écoferme des générations offre des paniers de légumes, de fruits et de fines herbes selon le principe d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). Cette année, 65 abonnements ont été vendus et on prévoit passer à 80 en 2021. Pour l’entreprise qui recevra sa certification bio en avril prochain et qui a mis en ligne son site Web il y a quelques mois, il s’agit d’une grande fierté, d’autant qu’aucun des propriétaires n’est issu du milieu agricole.

Francis est ébéniste et Marilou, réviseuse linguistique. « J’ai été embauché dans des fermes laitières par le passé et plus récemment, j’ai travaillé aux Productions maraîchères Clément Roy, à Donnacona », précise le jeune entrepreneur. « J’ai lu le livre de Jean-Martin Fortier sur le modèle de ferme sur petite surface et suivi une miniformation avec lui. Actuellement, je suis inscrit à une attestation d’études collégiales (AEC) en Gestion d’entreprises agricoles. »

S’organiser… dans le respect de ses valeurs
Tandis que les deux hommes s’activent à temps plein sur la terre, mère et fille combinent pour le moment l’agriculture et une autre occupation professionnelle à temps partiel. À cela s’ajoute la présence des deux fillettes de Francis et Marilou, Juliette (4 ans) et Charlotte (2 ans), dont on s’occupe à tour de rôle. « Les enfants sont à la ferme, nous accompagnent, partagent notre quotidien. Nous donnons la priorité à la qualité de vie », commente Marilou.

Si l’ASC, qui procure un revenu assuré en début de saison, constitue l’un des fondements de l’Écoferme des générations, d’autres principes animent les Lemire-Gagnon-Thibault. On souhaite éviter l’endettement, récupérer, faire soi-même, ne pas consommer inutilement, croître « lentement, mais sûrement ». Et pour progresser, les initiatives ne manquent pas : quadrupler la taille de la serre, se doter d’enclos à cochons, proposer des visites à la ferme...

Pour plus d'informations : www.ecofermedesgenerations.com

Cultiver des légumes… et des relations !

Johanne Martin
Collaboration spéciale

« Devenir le maraîcher du village, c’est un beau levier pour s’intégrer », résume Marc-André Demers lorsqu’il est question de la philosophie qui l’anime. Née en décembre 2019, la Ferme des jeunes pousses lui a permis de faire son nid à Saint-Casimir. Non seulement souhaite-t-il nourrir sainement sa communauté, mais il veut la dynamiser.

Si sa rencontre initiale avec l’agriculture date d’il y a près de 20 ans, le chemin parcouru par le producteur de légumes a emprunté différents détours. Une première expérience de « wwoofing » vécue en Italie, suivie d’une seconde en Belgique – d’où sa conjointe est originaire –, ont orienté son projet de vie. Sur une superficie cultivable d’à peine un dixième d’hectare, il a choisi de bâtir une ferme de proximité, aux pratiques écologiques et à échelle humaine.

« Sans être issu du monde agricole ni posséder de vraie formation dans le domaine, j’ai fait quelques cours et travaillé pour d’autres maraîchers. Je suis un autodidacte », raconte le détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. « L’an dernier, j’ai connu ma première année de production et de vente ici après des mois marqués par l’achat de la propriété, la naissance de mon enfant, la conciliation avec un autre emploi... »

Au total, de juin à octobre, la Ferme des jeunes pousses a distribué une vingtaine de paniers de légumes en assurant la livraison à domicile sur le territoire de la municipalité, de même qu’à Saint-Alban, Sainte-Anne-de-la-Pérade et Saint-Marc-des-Carrières. Par ailleurs, les vendredis en fin d’après-midi, un mini-marché se déployait devant le presbytère de Saint-Casimir. Pour la saison 2021 et dans l’avenir, plusieurs nouvelles initiatives sont sur la table.

Un choix de vie aux multiples possibilités
« Je suis accompagné par un comité consultatif qui m’aide à évaluer quoi prioriser. Est-ce que ce sera l’agrotourisme, le « wwoofing », la transformation de produits, l’organisation d’une fête des semences ou encore l’offre d’ateliers? Cet été, je compte amorcer une collaboration avec l’épicerie locale et celle de Saint-Marc-des-Carrières. Je suis également lié au projet pilote de mise en marché de proximité à Saint-Casimir et je vise à avoir un kiosque à un autre endroit », lance Marc-André.

Le maraîcher anticonformiste se dit avant tout attaché à des valeurs et établit ses choix en fonction de la qualité de vie à laquelle il aspire. « Pour moi, la ferme est un outil, pas une fin en soi. Tout s’est passé très vite, mais j’ai eu un coup de main de beaucoup de gens. C’est aussi ça l’agriculture soutenue par la communauté », conclut celui qui a été sélectionné pour suivre le camp d’entraînement agricole de la Capitale-Nationale offert par l’Université Laval. Ce camp est mis en œuvre par l’Entente sectorielle sur le développement des activités agricoles et agroalimentaires de la région de la Capitale-Nationale et de la Ville de Lévis.

www.fermedesjeunespousses.com

Le goût de la production laitière… et biologique!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Son goût de l’agriculture, Alexandra Rochette le tient de ses parents et de son grand-père paternel. Relève de cinquième génération sur la ferme neuvilloise Bio-De-Ly, la jeune productrice de lait biologique aime les défis. « Il faut que ça bouge! Ce qui me plaît, c’est d’avoir des journées bien remplies et de demeurer à l’affût », déclare-t-elle.

En 2018, à peine trois ans après la fin de ses études en Gestion et exploitation d’entreprise agricole (GEEA) à l’ITA de La Pocatière, le processus de transfert de l’entreprise familiale s’officialisait pour Alexandra. Elle en détient aujourd’hui la propriété à 50 % et ses parents, Lyette Du Sablon et Denis Rochette, se partagent l’autre moitié à parts égales. Quelque 75 vaches Jersey (dont 45 en lactation) forment le troupeau, auparavant composé de Holstein.

« Le déclic s’est vraiment fait à la fin du secondaire, mais j’étais décidée à prendre le relais, raconte la productrice. Petite, je venais aider au jardin, à la traite et au nettoyage, puis peu à peu, la passion s’est installée. Maintenant, je fais évidemment de tout, de la comptabilité à la traite en passant par l’insémination. Nous cultivons aussi des céréales pour les animaux et avons une érablière de 500 entailles. Et à travers cela, il y a les travaux d’amélioration. »

L’an dernier, une étable à taures en stabulation libre a été bâtie et le système de ventilation a été changé. La Ferme Bio-De-Ly s’est en outre dotée d’une ration totale mélangée (RTM) pour optimiser l’alimentation des vaches. En plus de se traduire par une économie de temps, l’acquisition de la RTM a permis d’augmenter le taux de gras du lait et le rendement des bovins. Ceux-ci profitent d’ailleurs depuis peu d’un matelas en caoutchouc pour leur confort.

Continuer d’avancer
« Nous sommes à 42 kg par jour et l’objectif est de parvenir à 50 », note Alexandra, qui songe éventuellement à se procurer un robot de traite. « Chaque mois, j’acquiers du quota, mais je souhaite que la ferme reste à échelle humaine. Si je grossis un jour, ce sera en achetant ou en construisant à un autre endroit. Ici, la capacité maximale est atteinte; géographiquement, il n’est pas possible d’agrandir. J’avoue aussi que la fabrication de fromage m’intéresse… »

Pendant sa formation à l’ITA, Alexandra a eu la chance d’effectuer un stage d’un mois dans une ferme biologique de la Bretagne afin d’y apprendre la fabrication de fromage. « Je n’ai pas mis ce projet-là de côté! Autrement, je veux continuer à garder le fil dans mon domaine. Par exemple, j’ai choisi de me tourner vers le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité pour pouvoir bonifier les résultats de mes cultures de céréales. »

Développer une passion pour l’acériculture

Johanne Martin
Collaboration spéciale

La date du 2 août 2012 restera à jamais gravée dans la mémoire de Karine Douville. Originaire de Saint-Ubalde, la jeune femme devenait, à 32 ans seulement, propriétaire de la Sucrerie du Lac Blanc. À la tête d’une érablière qui comptait 25 000 entailles à l’époque, elle entrait dans un « monde d’hommes »… ayant presque tout à apprendre.

« J’arrivais d’un exode de quelques années au Nouveau-Brunswick, où j’étais allée parfaire mon anglais. Je menais là-bas une carrière en marketing dans une radio francophone. De retour chez nous, j’étais à la recherche d’un emploi, mais rien ne me motivait vraiment. En même temps, j’avais le goût d’entreprendre sans avoir de passion en particulier. Issue d’une famille agricole, une opportunité s’est présentée », rapporte la bachelière en administration.

Un couple qui souhaitait vendre son érablière a approché Richer, le père de Karine. Proche de la retraite, celui-ci décline l’offre pour lui-même, mais pense qu’il pourrait s’agir d’un projet intéressant pour sa fille. « J’ai décidé de plonger dans l’aventure. La propriétaire qui a vendu avec son conjoint m’a transmis toute son expertise au niveau des techniques acéricoles et voilà que la passion s’est développée. Je travaille depuis à temps plein dans l’entreprise. »

Même si son père était producteur de sirop et vendait de l’équipement de cabane à sucre, celle qui tient aujourd’hui les rênes de la Sucrerie du Lac Blanc l’avait peu accompagné en forêt durant sa jeunesse. Pour elle, tout était donc à apprendre. Maintenant, Karine emploie deux travailleurs à l’année et une vingtaine d’autres à temps partiel ou saisonniers. Elle gère les activités de sa propre exploitation et participe à celles de son père et de ses deux frères.

Continuer à agrandir
Jusqu’à il y a trois ou quatre ans, l’acéricultrice biologique admet avoir dû composer avec un certain stress financier et une insécurité liée à la main-d’œuvre. Elle s’est modernisée au fil du temps et les érablières qu’elle administre comptent actuellement plus de 80 000 entailles. Outre la vente de son sirop aux Producteurs et productrices acéricoles du Québec, elle fait aussi de la transformation. Ses produits sont écoulés sur place ou livrés aux clients.

« Je veux continuer à agrandir en achetant ou en louant des érablières et à progresser avec l’entreprise. Je m’adapte et j’ai confiance en l’avenir, termine Karine, qui a acquis la maison où ont vécu ses parents ainsi que ses grands-parents paternels. Chaque printemps marque un nouveau chapitre dans l’histoire de la Sucrerie du Lac Blanc. D’ailleurs, en 2019, le Club d’encadrement technique acéricole de Portneuf m’a décerné le prix du meilleur sirop doré. »

Faire rimer agriculture et qualité de vie

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Cinquième génération à la tête de la ferme laitière familiale J.P. Côté de Neuville, Janie et Demsey Côté confirment avoir pris la relève avec enthousiasme. Le secret de leur amour du métier : maintenir une qualité de vie intéressante et utiliser les outils à leur disposition pour améliorer le quotidien « tout en offrant un bel exemple aux enfants ».

À eux deux, la sœur et le frère sont parents de deux garçons et de trois filles âgés de 2 à 8 ans. De leur temps, ils ne voulaient pas perpétuer le modèle du producteur qui travaille sans s’accorder le moindre moment en famille. La ferme, ils la gèrent à leur façon même si Jean-Claude, leur père, détient toujours 50 % des parts et reste très actif dans toutes les sphères d’activité de l’exploitation. La convention entre actionnaires a d’ailleurs été révisée en 2013.

« Demsey et moi possédons présentement chacun 25 % de la propriété, rapporte Janie. De mon côté, j’ai commencé à travailler dans l’entreprise en 2005. J’ai d’abord pensé m’inscrire en médecine vétérinaire, puis j’ai amorcé des études en agronomie et j’ai vite constaté que je n’aimais pas ça. J’ai donc préféré retourner traire mes vaches. Demsey, lui, est diplômé en mécanique agricole. En 2013, nous sommes allés chercher nos kg de lait de la relève. »

Outre la production de lait – issue de 60 à 65 Canadiennes et Jersey sur 130 têtes au total –, la Ferme J.P. Côté cultive des légumes (maïs, concombres et rutabagas), des grains, du fourrage et fait aussi du déneigement. Elle embauche deux travailleurs étrangers en hiver et sept en période estivale, lesquels proviennent du Guatemala et du Mexique. Depuis deux ans, de jeunes ouvriers agricoles locaux se joignent à ceux-ci et à la main-d’œuvre familiale.

Des Canadiennes aux Jersey
Au fil du temps, les Côté ont régulièrement procédé à l’achat de terres. L’étable a également été agrandie, une nouvelle fosse à fumier a été construite, de même qu’une remise destinée à l’entreposage de la machinerie agricole. À cet égard, une importante mise à niveau de l’équipement s’est effectuée depuis quelques années. Enfin, pour des raisons de rentabilité, ils ont décidé que les Jersey remplaceraient graduellement les vaches de race Canadienne.

« L’acquisition de terres demeure toujours d’actualité, indique Demsey. On gère les priorités en se donnant les moyens de se faciliter la vie; on essaie d’agir sur des tâches qui prennent beaucoup de temps. Janie ajoute que « le modèle de l’entreprise fait en sorte que tout doit être parfaitement réalisé du premier coup. Pour l’instant, on s’occupe de nos carrières à nous, mais en gardant à l’esprit, dans 10 ou 15 ans, d’intégrer nos enfants, si tel est leur souhait. »

À chaque étape un nouveau sommet à franchir

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Dans l’histoire de la ferme albanoise Reine des prés, chaque fois qu’un sommet était franchi, un autre apparaissait. Fiers du chemin parcouru jusqu’à présent malgré les défis, Xavier Bahl et Peggy Coulombe ont tout de même le sentiment d’avoir « monté l’Everest de la paperasse et de l’agriculture, un itinéraire ponctué de camps de base ».

Tous deux originaires de la région de Drummondville, ils se sont établis dans Portneuf il y a 12 ans. Détenteur d’un diplôme d’études collégiales en Gestion et exploitation d’entreprise agricole de l’ITA de Saint-Hyacinthe, Xavier a travaillé sur la ferme laitière de ses parents – où Peggy a fini par lui emboîter le pas – pendant sept ans avant que le couple décide de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale et élise domicile dans le rang de la Rivière-Blanche.

« Les terres étaient moins chères ici et le site comportait plusieurs avantages », détaillent les propriétaires de la Ferme Reine des prés. « Il y avait déjà un silo, une fosse à fumier; l’endroit était prêt à l’exploitation. Au départ, notre projet en était un de ferme sans sol, mais à Saint-Alban, il a été possible d’avoir 36 hectares de terrain. Quand nous avons commencé, nous étions en production conventionnelle avec des vaches Holstein et un quota de 17 kg/jour. »

Graduellement, le contingent des Bahl-Coulombe en arrive à quasi doubler. À la production de lait s’ajoute, en 2015, l’autocueillette de citrouilles et de courges – le projet de fin d’études de Peggy, alors inscrite à l’AEC en Gestion d’entreprises agricoles. Trois ans plus tard, la ferme devient biologique et à la même période, les Jersey sont intégrées au troupeau qui compte aujourd’hui 55 têtes, dont 27 en lactation, pour un rendement quotidien de 500 litres.

Lait, fromage et yogourt
Depuis un peu plus d’un an, l’entreprise s’est enrichie d’une laiterie. « On voulait gérer notre mise en marché. Avec les citrouilles, nous avons aussi pris goût au contact avec le public », commente le tandem. Accessoirement, du fromage en grains et du yogourt sont fabriqués. Écoulés à la boutique, les produits se retrouvent également sur les tablettes d’une vingtaine de commerces sur le territoire de la MRC de Portneuf. Xavier assume lui-même la livraison.

« Il a fallu deux ans de paperasse pour mettre sur pied notre laiterie! À travers ça, il y a eu la construction du bâtiment. Nous avons opté pour un minimum de formation et un maximum de tests. Le lait est très fragile. Dans la conception des produits, on a été accompagnés par le Centre d’expertise fromagère du Québec. On a développé un procédé à notre échelle; on ne voulait pas acheter de gros équipements », termine le duo, qui ne vise pas d’expansion.

Pour plus d'informations : https://www.fermereinedespres.com/

Passer de l’autre côté de l’assiette

Johanne Martin
johanne.martin@courrierdeportneuf.com

Ils avaient tous deux envie d’un « retour à la terre, d’autonomie, de participer à nourrir les gens d’une autre manière ». Issus du milieu de la restauration, c’est ainsi que Félix Dumas et Alexandra Fiset ont un jour choisi de passer « de l’autre côté de l’assiette » en fondant, à Deschambault-Grondines, la ferme maraîchère et florale La Baigneuse.

Pourquoi La Baigneuse? Tout simplement parce que l’épouse du propriétaire à qui le couple d’amis loue la terre aime particulièrement faire trempette! Originaires de Québec – et après avoir complété leur formation en Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep de Victoriaville –, Alexandra et Félix cherchent un lieu pour lancer leur ferme. Ils ont un véritable coup de cœur pour la région et en 2020, ils s’installent enfin pour y cultiver légumes et fleurs.

« On est vraiment partis de zéro! », commente Félix. « On a profité du soutien de La Financière agricole, du MAPAQ, mais également de la plateforme de sociofinancement La Ruche, où un objectif de 16 500 $ avait été fixé. Finalement, on a amassé 24 000 $. Ça a explosé; le public y a cru! Il y a eu du travail à faire au début, comme de monter les serres, d’aménager une chambre froide et une salle de lavage, de préparer les champs, de creuser un étang, etc. »

Sur moins d’un hectare, en mode bio-intensif, La Baigneuse produit, depuis l’année dernière, des carottes, de la laitue, du fenouil, des tomates, du concombre, des haricots, du brocoli, des aubergines; bref, tout ce qui titille les papilles des propriétaires. La moitié des récoltes est destinée aux 80 abonnés de ses paniers à la carte et aux marchés publics – la ferme vit d’ailleurs sa première saison à celui de Deschambault – et l’autre 50 %, à des restaurateurs.

Une offre axée sur la clientèle
« On travaille avec 14 restaurants de Québec et 3 épiceries bio. La qualité des légumes et des fleurs coupées et notre façon de les cultiver sont beaucoup inspirées des demandes de cette clientèle. Nous embauchons deux employés pour la période estivale et comptons sur des bénévoles, dont mon père retraité qui demeurait au Nouveau-Brunswick qui vient d’acheter une maison à Portneuf et qui me donne un coup de main », souligne le producteur.

Et pour la suite? Les copropriétaires n’envisagent pas acheter la terre, ni agrandir la surface en exploitation. « Nous ne sommes pas mécanisés, alors ce que nous visons d’abord, c’est d’optimiser le système que nous avons en commençant les semis plus tôt et en introduisant de nouvelles cultures », répond Félix. « Nous avons le carré de sable parfait pour le projet que nous voulions. On était des banlieusards, on a réalisé notre rêve et on n’a pas de regrets! »

Pour plus d'informations : www.fermelabaigneuse.com

Pas de répit pour les abeilles de Miel & Co.

Yannick Lepage
yannick.lepage@courrierdeportneuf.com

Christina Fortin-Ménard et David Lee Desrochers se plaisent à raconter que c’est une audition pour l’émission L’amour est dans le pré qui les a unis dans leur projet de vie de couple. On peut dire aujourd’hui que c’est le miel qui les tient bien collés depuis la fondation de leur entreprise apicole Miel & Co.

Après avoir quitté les Forces armées canadiennes, David Lee se forme au métier d’apiculteur. Cette passion de jeunesse se matérialise enfin en 2018 avec l’achat d’un terrain dans le rang du Coteau-des-Roches, à Portneuf.

Christina et David Lee débutent la production de miel en vrac et effectuent leurs premières ventes en 2021. Cette même année, deux apiculteurs de la région délaissent leur production. Miel & Co. en profite alors pour acquérir leurs ruches. Aujourd’hui, leur entreprise compte 1400 ruches réparties sur 70 sites dans la région de la Capitale-Nationale.

Plus près des gens
« On a commencé en vendant des barils de miel, mais on voulait surtout se rapprocher des gens », raconte Christina. Le couple s’est affairé à construire une boutique puis à développer des produits à base de miel et d’autres ingrédients que les abeilles transforment, tels que la propolis et le pollen. Cette marchandise est vendue dans plus d’une centaine de points de vente partout au Québec, de Beauharnois à Sept-Îles. Miel & Co. va aussi à la rencontre des Portneuvois en tenant un kiosque au Marché public de Deschambault.

Des visites guidées sont offertes par l’entreprise. Les participants peuvent alors enfiler la cagoule protectrice et découvrir l’activité intense des abeilles dans une ruche. C’est un excellent moyen pour voir de près le travail de ces ouvrières infatigables.

Démystifier l’importance des abeilles
En choisissant de se rapprocher des consommateurs avec leurs produits, Christina et David Lee désirent les sensibiliser et leur rappeler l’importance de la biodiversité.

« Pour produire un kilogramme de miel, ça prend quatre millions de fleurs », expose David Lee. De plus, par leur travail dans les champs, « les insectes pollinisateurs sont responsables du tiers du contenu de notre garde-manger ».

Une production fragile
Pour déterminer l’emplacement d’une ruche, les apiculteurs de Miel & Co. doivent étudier plusieurs paramètres : la proximité de fleurs à pollen avec une bonne biodiversité pour que les abeilles trouvent leur butin sans s’épuiser, et ce, à une bonne distance des monocultures comme le maïs, les pommes de terre et le soya puisque les pesticides répandus dans les champs sont nocifs pour les abeilles. David Lee et Christina ont aussi décidé de laisser les ruches au même endroit pour toute la période de production afin d’éviter de stresser les ouvrières lors du transport.

L’hiver : au ralenti pour les abeilles, mais pas pour les apiculteurs
Les colonies d’abeilles réduisent considérablement leurs activités durant la saison froide, sans pour autant s’arrêter pendant l’hivernation. De leur côté, Christina et David Lee en profitent pour planifier leur prochaine saison de production et pour préparer le Défi pissenlits. Cet événement encourage les propriétaires à laisser pousser les pissenlits sur leur gazon tout le mois de mai, le temps de laisser profiter les abeilles de ces fleurs hâtives pour consolider la colonie.

Pour plus d’informations, visitez le site Web de Miel & Co.

La Ferme Verti, un rêve très fertile

Mathieu Hardy
mathieu.hardy@courrierdeportneuf.com

D’étonnantes découvertes émergent du terroir agroalimentaire d’ici. Si ingénieuses et astucieuses soient les démarches des entrepreneurs de la relève agricole portneuvoise, celles de Sarah Lussier et Dominic Martel sont avant-gardistes et relèvent carrément d’un rêve de jeunesse. C’est avec leur pouce vert, beaucoup d’ambition et de conviction qu’ils ont fondé la Ferme Verti, à Cap-Santé. L’agriculture y est réinventée une micropousse, une laitue et un plan de fines herbes à la fois.

« La ferme, c’est mon rêve de petite fille. C’est mon plus grand rêve, alors de le réaliser, j’en suis très fière. J’arrive dans Portneuf, j’ai été capable de m’installer ici et l’expérience de bâtir son réseau est très enrichissante », a témoigné la jeune entrepreneure âgée de 28 ans, Sarah Lussier, qui dirige l’entreprise avec son conjoint de 32 ans, originaire de la ville de Portneuf, qui l’épaule dans ce projet tout en travaillant au privé comme CPA.

C’est dans une étable démantelée du rang Saint-François Ouest, à Cap-Santé, que la volonté de notamment produire des fines herbes en hydroponie s’est enracinée.

Reconversion d’une étable
« C’est une ancienne étable toute réaménagée. On a des étalages assez imposants et des piscines pour chaque étage. On contrôle tous les paramètres environnementaux pour que les plantes aient les meilleures conditions pour pousser. »

L’année 2020 a été consacrée au développement et au financement avant que le couple entreprenne, l’année suivante, l’aménagement de l’étable puis qu’il y démarre la production il y a quelques mois.
Avec un baccalauréat multidisciplinaire en poche qui comprend un certificat en agronomie et un certificat en administration des affaires, Sarah voit grand pour l’avenir de la Ferme Verti, qui produit tout au long de l’année.

Réinventer l’agriculture
Se lancer en agriculture est, pour Sarah et Dominic, l’occasion de réinventer les pratiques et d’adopter des gestes verts.

« L’agriculture qu’on connaît se fait dans les champs, alors que nous, peu importe ce qui se passe à l’extérieur, on peut opérer. On se réinvente dans la façon de voir l’agriculture et de la pratiquer », relate Sarah Lussier.

Les deux entrepreneurs optimisent leurs processus de production en ayant opté pour des bassins d’eau peu profonds et en réutilisant l’eau qu’ils emploient. Ils comptent aussi sur la dernière technologie lumineuse pour que profitent leurs plans. Plusieurs paramètres d’approvisionnement en eau et en lumière peuvent d’ailleurs être facilement contrôlés grâce à la technologie.

Tout faire soi-même
De la semence jusqu’à l’emballage sans oublier la récolte et la livraison, Sarah et Dominic mettent tout en œuvre pour assurer la qualité de leurs produits. « On fait vraiment tout nous-mêmes », poursuit la dirigeante de la Ferme Verti.

« On se spécialise vraiment dans les fines herbes. On a trois produits vedettes actuellement. Ça se vend bien, la réponse est bonne », souligne Sarah pour qui des projets d’expansions germent déjà en tête. Le couple pourra d’ailleurs compter sur le soutien d’un nouveau membre de l’équipe au cours de l’hiver à venir. Avec cette aide, il est notamment envisagé de bonifier la gamme de produits en offrant de l’aneth et de l’origan.

Mais où trouver ces beautés vertes pour agrémenter son assiette ? Augmenter l’étendue du réseau de distribution est une volonté pour 2023 afin que de plus en plus de Portneuvois puissent manger des plats rehaussés par les produits de la Ferme Verti, qui sont actuellement vendus à la Ferme Syldia, à Neuville, et au marché alternatif Le P’tit Patelin, à Cap-Santé. D’ailleurs, il importe de souligner que les propriétaires de la Ferme Verti prônent la consommation de leurs produits à l’échelle locale et régionale.

Pour en apprendre davantage sur la Ferme Verti, consulter le site Internet fermeverti.com et abonnez-vous aux comptes Facebook, Instagram et LinkedIn de l’entreprise.