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Chroniques sur la relève agricole

La MRC de Portneuf est fière de sa relève agricole. Sur cette page, nous publierons des textes sur des entreprises de la relève. 

Commencer en « œuf »

Johanne Martin
Collaboration spéciale

À la Ferme Jucy de Saint-Alban, dans une partie des installations qui abritaient auparavant des vaches laitières, les poules pondeuses de Laurence Petitclerc caquettent joyeusement. Aux commandes de Poulailler Portn’Oeuf depuis février 2018, la jeune diplômée en gestion et technologies d’entreprise agricole voit grand.    

La poursuite des activités par une relève intéressée n’avait rien d’une certitude pour les parents de Laurence. D’autant que la productrice d’œufs, l’aînée d’une famille de quatre enfants, s’était d’abord inscrite en éducation spécialisée. Mais celle-ci changera d’idée en cours de formation, puis sera choisie pour bénéficier du Programme d’aide au démarrage de producteurs d’œufs dédiés à la vente directe. Une nouvelle aventure allait commencer.

« Le formulaire du Programme lancé par la Fédération des producteurs d’œufs du Québec ressemblait au plan d’affaires que j’ai eu à réaliser comme projet de fin d’études. J’ai donc fait d’une pierre deux coups et j’ai été l’une des cinq personnes sélectionnées, la seule dans la région de Portneuf. Mon père a travaillé à aménager le poulailler dans l’ancienne étable et la Ferme me loue une partie des bâtiments », raconte l’entrepreneure de 23 ans.

Grandir et foncer
Étape par étape, comme elle le dit si bien elle-même, Laurence accroît sa production. De 500 poules en liberté au départ, elle en possède aujourd’hui 560 et prévoit passer à 860 en mars prochain. Depuis le mois de mai, 80 cailles ont également fait leur apparition dans les espaces occupés par Poulailler Portn’Oeuf. Ce printemps, dans une construction en retrait, 300 poulets de chair nourris au grain viendront aussi enrichir l’offre de l’entreprise.

 « Pour l’instant, je vends en libre-service à la ferme, dans des marchés publics et j’ai des points de dépôt sur le territoire, précise la jeune femme. Je suis en train de m’organiser pour acquérir une machine qui me permettra d’étamper un code sur les œufs, de les laver et de les classer. Il y aura une nouvelle salle dans l’étable avec des murs lavables. Ceci fera en sorte que j’aurai bientôt la possibilité d’être présente dans les petits commerces. »   

Si elle doit encore composer avec une demande très variable, Laurence Petitclerc soutient par ailleurs que les règles auxquelles il lui faut se conformer sont souvent contraignantes puisqu’elles ne sont pas adaptées aux petites productions. Cette digne représentante de la relève agricole ne baisse toutefois pas les bras et continue de foncer. « Ça va bien parce que tout le monde m’aide et y croit : la famille, les amis, les clients… », conclut-elle.

Pour plus d'information au sujet de Poulailler Portn'Oeuf, cliquez ici

Des sciences sociales… aux paniers de légumes!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Fondée sur la solidarité, le respect de l’environnement et le plaisir de retrouver dans son assiette des aliments sains, la ferme Les Jardins de la Chevrotière s’est donné pour mission de « nourrir les gens d’ici ». Une famille qui peut vivre tout en étant au service d’autres familles : voilà le projet de Geneviève Mayrand et Jérôme Thivierge.

Ils ont vécu un moment en ville et complété des études universitaires en sciences sociales avant d’effectuer un retour à la campagne et de choisir l’agriculture. Elle possède des racines dans Portneuf et lui est originaire de la Beauce. En 2015, ils ont quitté Québec pour créer, à Deschambault-Grondines, une entreprise qui répondait à leurs aspirations. La santé des individus et de la planète a toujours figuré au centre de leurs préoccupations.

« Les Jardins de la Chevrotière, c’était la façon la plus concrète pour nous d’allier idéaux et actions, confirme Geneviève. La graine a germé au Mexique en 2008. Jérôme et moi y avons travaillé avec des paysans qui cultivaient bio. Nous voulions avoir un réel impact sur l’environnement et nous étions déjà engagés socialement. Quand notre premier enfant est né, les choses sont devenues encore plus claires en ce qui concerne notre projet de vie. »

S’établir et croître
Le père de Geneviève ayant conservé la terre familiale – une terre qui avait été exploitée, mais que le couple a convertie en régie biologique –, le lieu était tout désigné pour s’établir. Afin d’être bien outillé pour relever les défis liés à ce changement de cap, Jérôme s’est inscrit au diplôme en gestion et exploitation d’entreprise agricole (GEEA). Dès le départ, les entrepreneurs optent pour le modèle d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). 

« L’idée d’une relation de confiance entre l'agriculteur et sa communauté fait partie de notre approche, intervient Jérôme. À notre première année de production, en 2016, 60 familles ont adhéré à nos paniers; l’an dernier, nous en comptions 220 et cette année, nous prévoyons en approvisionner 300. Au total, nous cultivons 45 variétés de légumes, en plus de cerises de terre et de melons. Chaque printemps, nous avons aussi des clients pour des plants bio. »

Gérer la croissance de l’entreprise reste à ce jour le principal enjeu pour le duo. Il lui faut maintenir un équilibre entre les affaires et la famille. Malgré tout, Jérôme trouve le temps de s’impliquer dans l’UPA et Geneviève propose des ateliers d’éveil alimentaire en milieu scolaire. Pour les abonnés aux paniers, elle rédige également un bulletin hebdomadaire, le Mot de la faim, dans lequel sont partagés recettes, poèmes, chroniques humoristiques...        

Pour plus d’information au sujet de la ferme Les Jardins de la Chevrotière : www.jardinsdelachevrotiere.com

 

Du bio et du boulot pour la Ferme Mafix

Johanne Martin
Collaboration spéciale

François-Xavier Masson était à la recherche d’une production qui lui permettrait de devenir son propre patron. Travailleur d’expérience dans des fermes biologiques, mais aussi – et surtout – employé de longue date du propriétaire de la Fromagerie des Grondines, il a su tracer son chemin pour que la Ferme Mafix puisse voir le jour.

« Vu que j’étais jeune, je me suis dit que je pourrais lancer quelque chose, une entreprise qui m’appartienne et qui soit fonctionnelle. Au décès de ma tante, j’ai acheté sa terre et sa maison dans le deuxième rang, à Grondines. En 2007, j’ai construit une étable et j’ai commencé à produire l’année suivante. Aujourd’hui, je possède 80 brebis et 60 chèvres. Tout le lait biologique est vendu à la Fromagerie des Grondines », raconte François-Xavier.

Tôt dans sa vie, le jeune producteur confie avoir élevé des animaux et cultivé des légumes. Il s’inscrit au DEP en production laitière et son parcours professionnel l’amène à travailler dans des exploitations certifiées bio. Employé pendant sept ans chez Aliksir – où il réalise des tâches associées à la culture et à la distillation d’huiles essentielles –, François-Xavier « donne aussi un coup de main à Charles Trottier de la Fromagerie » depuis qu’il a 15 ans. 

Si la relation a perduré dans le temps entre les deux hommes et inclut maintenant un lien d’affaires, la Ferme Mafix n’est cependant pas qu’un fournisseur de lait pour la fromagerie. Sa viande d’agneau y est en outre proposée. Le producteur permet ainsi au consommateur de mettre dans son assiette ce délicieux produit. La viande est également disponible au Magasin général Paré, au Marché public de Deschambault et offerte en carcasse à la ferme.

Plus encore…
« J’ai toujours beaucoup aimé les sucres ! », lance avec enthousiasme François-Xavier. À 18 ans, il décide d’acquérir une cabane à sucre de 700 entailles à Saint-Casimir. Au lait et à la viande d’agneau s’ajoutent donc sirop, tire, beurre et sucre d’érable. Il y a cinq ans, la culture de la camerise vient enrichir l’offre de la Ferme Mafix. Vente du fruit entier congelé, en confiture et autocueillette en saison découlent des quelque 2 000 plants mis en culture.

« J’écoule de plus mes camerises auprès de la microbrasserie L’Esprit de Clocher, qui s’en sert dans la fabrication d’une bière. Autrement, j’expérimente la culture du raisin de table sans pépin avec mon fils de neuf ans, complète le producteur. Précisons que je suis l’une des seules fermes au Québec à avoir deux types d’animaux dans la même étable et qu’il y a aussi peu d’experts-conseils dans la production de lait de brebis bio. Il faut être inventif ! » 

Pour plus d'informations au sujet de la Ferme Mafix, cliquez ici

Le couteau suisse de l’apiculture!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Les actionnaires disent de leur entreprise qu’elle est le couteau suisse de l’apiculture. On y valorise tout ce qui est issu de la ruche. En 2015, Maxime Deschesnes, Éloi Ferland et Kawina Robichaud lançaient la Ferme apicole Mosaïque. Deux ans plus tard, la cofondatrice de Nomade Junerie, Mélanie Pilote, intègre l’heureuse aventure.

« Ici, tout gravite autour du miel!, confirme cette dernière. Notre mission consiste à mettre en valeur le miel sous toutes ses formes afin d’améliorer la santé des gens et de répondre à leur quête de bien-être. Nous sommes des jeunes engagés, très attachés aux valeurs d’écoresponsabilité. Dans le choix de nos matières premières, nous priorisons l’achat local et favorisons la collaboration avec des entreprises qui ont la même philosophie que nous. »

Si les ruches sont situées à Saint-Alban et que la miellerie est localisée à Saint-Thuribe, la boutique de la ferme apicole – La Ruche voisine – loge dans l’ancien presbytère de Saint-Casimir. On y trouve un miel brut enrichi d’huiles essentielles – le fameux Immunité 25+ –, des miels gastronomiques, du pollen, des déodorants, des bougies, de la cire et du jun, un breuvage fermenté à base de thé vert et miel brut aussi appelé le champagne du kombucha.

« La Ferme apicole Mosaïque et Nomade Junerie se sont unies parce qu’il s’agissait de la suite naturelle des choses et que les deux entreprises se complétaient. Tout comme nous, d’ailleurs, les quatre associés. Maxime est directeur du marketing, Éloi est directeur de la production et Kawina s’occupe du volet recherche et développement. J’assume quant à moi le développement des affaires et la direction générale », révèle au passage Mélanie Pilote.

Plusieurs points de vente… et de nouveaux produits
En plus d’être disponibles dans le nouvel espace zen et épuré du presbytère, « un arrêt de produits du terroir signé Portneuf, Culture de saveurs », tous les trésors provenant du labeur des abeilles sont également offerts dans plus de 200 points de vente partout au Québec. En été, les entreprises, qui emploient huit personnes, sont aussi présentes au Marché public de Deschambault. Pour le quatuor, avancer veut dire continuer d’innover et de se diversifier.

« La Ferme apicole Mosaïque et Nomade Junerie souhaitent évidemment poursuivre sur la voie de l’audace et de la création, termine la directrice générale. Nous allons très bientôt mettre en marché une gamme d’aliments fermentés : tempeh, choucroute, kimchi et autres produits réfrigérés en pots. Cet été, nous lancerons en outre des savons, shampoings et revitalisants en barre à base de miel, propolis et jun. Le désir de se distinguer reste vivant! »

Pour plus d'informations au sujet de la Ferme apicole Mosaïque, cliquez ici.
Pour plus d'informations au sujet de Nomade Junerie, cliquez ici.

Anne-Sophie et compagnie

Johanne Martin
Collaboration spéciale

« À 22 ans, c’est le temps de faire des projets! », exprime spontanément Anne-Sophie Paquet. Relève de la Ferme Syldia, fondée par ses parents, mais aussi entrepreneure en démarrage pour Deux sœurs et cie, la productrice neuvilloise carbure aux défis. « Nous voulons qu’à la boutique, les gens puissent faire presque toute leur épicerie. »

Cette fameuse boutique, c’est la dernière-née qui permet aux deux entreprises de vendre sur place les délices de la ferme : découpes de bœuf, de porc, de chevreau, œufs, poulets de grain, produits de l’érable, légumes, terrines, rillettes et pâtés de foie. Des mets préparés y seront éventuellement aussi offerts. « Sur la route 365, nous profitons d’un emplacement qui nous donne une belle visibilité et en plus, la demande est là », commente Anne-Sophie.

La nouvelle construction était « dans les plans, mais pour plus tard ». Les marchés publics et de Noël – Pont-Rouge, Stoneham, Limoilou, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Cap-Santé, Neuville –, de même que certains événements tels que les Fêtes Gourmandes, ont suscité chez le public un réel engouement pour les trésors combinés de la Ferme Syldia et de Deux sœurs et cie, qu’Anne-Sophie a mise sur pied avec sa jumelle Catherine, en 2018.

« C’est notre troisième année de vente directe et il y a beaucoup de clients qui souhaitaient nous suivre à l’année », justifie la diplômée en gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Lévis-Lauzon. « Ça fait d’ailleurs partie de notre philosophie de garder le contact avec le consommateur. Dans la boutique, nous misons sur une offre locale; la nôtre d’abord, puis celle d’autres producteurs. On vise une plus-value, que ce soit différent de l’épicerie. »

Rien ne l’arrête!
Si Anne-Sophie peut à la fois compter sur la confiance de ses parents et de partenaires financiers pour réaliser ses projets – après la boutique, elle aimerait agrandir les installations pour augmenter le nombre d’animaux et avoir une cuisine de transformation –, le processus de transfert de la Ferme Syldia commence aussi à se profiler à l’horizon. Et puisque rien ne semble être à son épreuve, elle brille également par ses engagements dans la communauté.

« Je suis nouvellement présidente du Marché public de Pont-Rouge, administratrice de la Table de concertation agroalimentaire de Portneuf et il m’est arrivé d’être invitée au cégep où j’ai étudié pour parler de relève, de démarrage d’entreprise et des femmes en agriculture, car je vis en fait toutes ces réalités », conclut celle qui s’est illustrée à l’occasion de concours très prestigieux, dont OSEntreprendre, Sur les traces de Louis-Hébert et Chapeau, les filles!

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Un retour à la terre pour vivre autrement

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Francis Lemire, Marilou Gagnon-Thibault et les parents de celle-ci, Yolande Gagnon et Gérald Thibault, ont un jour décidé de vivre différemment. La grande aventure de l’Écoferme des générations s’enracine dans leur volonté de s’arrimer aux valeurs qui leur sont chères, de mettre en commun les forces de chacun par un retour à la terre.

« Il nous a fallu visiter plus d’une quarantaine de fermes avant de trouver le bon endroit, ici, à Portneuf, il y a six ans. L’acquisition s’est faite à quatre, car pour être réalisable, le projet devait s’effectuer dans un contexte bigénérationnel. Il rejoint nos valeurs environnementales et familiales, de même que notre désir d’autonomie, mais au départ, nous avons dû agrandir et rénover la maison et les bâtiments. Il y avait beaucoup de travail à faire », raconte Francis.

Depuis 2018, l’Écoferme des générations offre des paniers de légumes, de fruits et de fines herbes selon le principe d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). Cette année, 65 abonnements ont été vendus et on prévoit passer à 80 en 2021. Pour l’entreprise qui recevra sa certification bio en avril prochain et qui a mis en ligne son site Web il y a quelques mois, il s’agit d’une grande fierté, d’autant qu’aucun des propriétaires n’est issu du milieu agricole.

Francis est ébéniste et Marilou, réviseuse linguistique. « J’ai été embauché dans des fermes laitières par le passé et plus récemment, j’ai travaillé aux Productions maraîchères Clément Roy, à Donnacona », précise le jeune entrepreneur. « J’ai lu le livre de Jean-Martin Fortier sur le modèle de ferme sur petite surface et suivi une miniformation avec lui. Actuellement, je suis inscrit à une attestation d’études collégiales (AEC) en Gestion d’entreprises agricoles. »

S’organiser… dans le respect de ses valeurs
Tandis que les deux hommes s’activent à temps plein sur la terre, mère et fille combinent pour le moment l’agriculture et une autre occupation professionnelle à temps partiel. À cela s’ajoute la présence des deux fillettes de Francis et Marilou, Juliette (4 ans) et Charlotte (2 ans), dont on s’occupe à tour de rôle. « Les enfants sont à la ferme, nous accompagnent, partagent notre quotidien. Nous donnons la priorité à la qualité de vie », commente Marilou.

Si l’ASC, qui procure un revenu assuré en début de saison, constitue l’un des fondements de l’Écoferme des générations, d’autres principes animent les Lemire-Gagnon-Thibault. On souhaite éviter l’endettement, récupérer, faire soi-même, ne pas consommer inutilement, croître « lentement, mais sûrement ». Et pour progresser, les initiatives ne manquent pas : quadrupler la taille de la serre, se doter d’enclos à cochons, proposer des visites à la ferme...

Pour plus d'informations : www.ecofermedesgenerations.com

Cultiver des légumes… et des relations !

Johanne Martin
Collaboration spéciale

« Devenir le maraîcher du village, c’est un beau levier pour s’intégrer », résume Marc-André Demers lorsqu’il est question de la philosophie qui l’anime. Née en décembre 2019, la Ferme des jeunes pousses lui a permis de faire son nid à Saint-Casimir. Non seulement souhaite-t-il nourrir sainement sa communauté, mais il veut la dynamiser.

Si sa rencontre initiale avec l’agriculture date d’il y a près de 20 ans, le chemin parcouru par le producteur de légumes a emprunté différents détours. Une première expérience de « wwoofing » vécue en Italie, suivie d’une seconde en Belgique – d’où sa conjointe est originaire –, ont orienté son projet de vie. Sur une superficie cultivable d’à peine un dixième d’hectare, il a choisi de bâtir une ferme de proximité, aux pratiques écologiques et à échelle humaine.

« Sans être issu du monde agricole ni posséder de vraie formation dans le domaine, j’ai fait quelques cours et travaillé pour d’autres maraîchers. Je suis un autodidacte », raconte le détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. « L’an dernier, j’ai connu ma première année de production et de vente ici après des mois marqués par l’achat de la propriété, la naissance de mon enfant, la conciliation avec un autre emploi... »

Au total, de juin à octobre, la Ferme des jeunes pousses a distribué une vingtaine de paniers de légumes en assurant la livraison à domicile sur le territoire de la municipalité, de même qu’à Saint-Alban, Sainte-Anne-de-la-Pérade et Saint-Marc-des-Carrières. Par ailleurs, les vendredis en fin d’après-midi, un mini-marché se déployait devant le presbytère de Saint-Casimir. Pour la saison 2021 et dans l’avenir, plusieurs nouvelles initiatives sont sur la table.

Un choix de vie aux multiples possibilités
« Je suis accompagné par un comité consultatif qui m’aide à évaluer quoi prioriser. Est-ce que ce sera l’agrotourisme, le « wwoofing », la transformation de produits, l’organisation d’une fête des semences ou encore l’offre d’ateliers? Cet été, je compte amorcer une collaboration avec l’épicerie locale et celle de Saint-Marc-des-Carrières. Je suis également lié au projet pilote de mise en marché de proximité à Saint-Casimir et je vise à avoir un kiosque à un autre endroit », lance Marc-André.

Le maraîcher anticonformiste se dit avant tout attaché à des valeurs et établit ses choix en fonction de la qualité de vie à laquelle il aspire. « Pour moi, la ferme est un outil, pas une fin en soi. Tout s’est passé très vite, mais j’ai eu un coup de main de beaucoup de gens. C’est aussi ça l’agriculture soutenue par la communauté », conclut celui qui a été sélectionné pour suivre le camp d’entraînement agricole de la Capitale-Nationale offert par l’Université Laval. Ce camp est mis en œuvre par l’Entente sectorielle sur le développement des activités agricoles et agroalimentaires de la région de la Capitale-Nationale et de la Ville de Lévis.

www.fermedesjeunespousses.com

Le goût de la production laitière… et biologique!

Johanne Martin
Collaboration spéciale

Son goût de l’agriculture, Alexandra Rochette le tient de ses parents et de son grand-père paternel. Relève de cinquième génération sur la ferme neuvilloise Bio-De-Ly, la jeune productrice de lait biologique aime les défis. « Il faut que ça bouge! Ce qui me plaît, c’est d’avoir des journées bien remplies et de demeurer à l’affût », déclare-t-elle.

En 2018, à peine trois ans après la fin de ses études en Gestion et exploitation d’entreprise agricole (GEEA) à l’ITA de La Pocatière, le processus de transfert de l’entreprise familiale s’officialisait pour Alexandra. Elle en détient aujourd’hui la propriété à 50 % et ses parents, Lyette Du Sablon et Denis Rochette, se partagent l’autre moitié à parts égales. Quelque 75 vaches Jersey (dont 45 en lactation) forment le troupeau, auparavant composé de Holstein.

« Le déclic s’est vraiment fait à la fin du secondaire, mais j’étais décidée à prendre le relais, raconte la productrice. Petite, je venais aider au jardin, à la traite et au nettoyage, puis peu à peu, la passion s’est installée. Maintenant, je fais évidemment de tout, de la comptabilité à la traite en passant par l’insémination. Nous cultivons aussi des céréales pour les animaux et avons une érablière de 500 entailles. Et à travers cela, il y a les travaux d’amélioration. »

L’an dernier, une étable à taures en stabulation libre a été bâtie et le système de ventilation a été changé. La Ferme Bio-De-Ly s’est en outre dotée d’une ration totale mélangée (RTM) pour optimiser l’alimentation des vaches. En plus de se traduire par une économie de temps, l’acquisition de la RTM a permis d’augmenter le taux de gras du lait et le rendement des bovins. Ceux-ci profitent d’ailleurs depuis peu d’un matelas en caoutchouc pour leur confort.

Continuer d’avancer
« Nous sommes à 42 kg par jour et l’objectif est de parvenir à 50 », note Alexandra, qui songe éventuellement à se procurer un robot de traite. « Chaque mois, j’acquiers du quota, mais je souhaite que la ferme reste à échelle humaine. Si je grossis un jour, ce sera en achetant ou en construisant à un autre endroit. Ici, la capacité maximale est atteinte; géographiquement, il n’est pas possible d’agrandir. J’avoue aussi que la fabrication de fromage m’intéresse… »

Pendant sa formation à l’ITA, Alexandra a eu la chance d’effectuer un stage d’un mois dans une ferme biologique de la Bretagne afin d’y apprendre la fabrication de fromage. « Je n’ai pas mis ce projet-là de côté! Autrement, je veux continuer à garder le fil dans mon domaine. Par exemple, j’ai choisi de me tourner vers le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité pour pouvoir bonifier les résultats de mes cultures de céréales. »